jeudi 19 juin 2014

Aujourd'hui j'ai vu... le temps

Aujourd'hui j'ai vu des heures, des minutes, des secondes


Une lecture récente m'a rappelé de grands classiques (Germinal, les Misérables...). Elle m'a également ramené à cette époque où les jours s'écoulaient tranquillement. Puis, j'ai glissé vers une réflexion métaphysique sur le temps, avec la profonde conviction que le matin a la faculté de l’accélérer. C’est parfois le cas vers 8h20 : comme un éclair, les concepts spacio-temporels traditionnels mutent. Chez moi, ça se passe en général juste après le petit-déjeuner : le départ approchant, il faut faire un dernier passage dans la salle de bains. C'est généralement à ce moment précis où sont découverts sur le trajet entre le lieu du petit-déjeuner et la salle de bain, là une chaussette que le petit dernier a cherché désespérément avant d'attaquer ses céréales, là un pyjama, en plusieurs morceaux pour prendre plus de place, bien entendu toutes les lumières restées allumées, sur le sol les restes de la douche, c'est à dire une pellicule d'eau fine mais uniforme, le tout sous la surveillance de deux doudous confortablement installés en haut du tas de vêtements jeté sur le tabouret. C'est à ce moment bien précis que la vitesse de la vie n'a plus aucune commune mesure avec ce qui est décrit dans les livres, même celui qui parle de Star-Trek.

Quelques minutes plus tard, le temps a connu une nouvelle accélération : lorsque je me suis rendu compte que ma moitié était partie avec mes clés de la maison. Bien entendu, le portable est très utile dans ces moments, surtout en mode vibreur et au fond du sac à main. C’est dans ce genre de moments que le fait de ne rien pouvoir faire dans sa propre maison fait passer la minute comme la seconde et que la seconde est réduite au dixième de seconde. Parallèlement, le poids des années du mariage s’alourdit.

Une fois les clés récupérées, il m’a fallu tenter de faire rentrer dans le minimum de minutes, le maximum de kilomètres.

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