lundi 26 mai 2014

Aujourd'hui, j'ai vu... une scène de ménage

Aujourd'hui j'ai vu une scène de train


Une femme avec ses deux enfants passe dans le couloir du train. Elle dégage du stress et parle volontairement (ou pas) fort à ses enfants pour que toutes les personnes présentes dans le wagon puissent entendre qu'elle cherche désespérément trois places les unes à côté des autres. Nous sommes vendredi soir, en période de pointe et tout le monde est déjà installé : qui avec un ordi, qui avec un livre, qui sans ses chaussures. La capacité de cette mère à partager ses soucis avec tous ces inconnus est à la hauteur de la capacité de ces inconnus à ignorer ses propos !
Elle jette finalement son dévolu sur deux places séparées par le couloir. Puis s'assoie, avec son fils sur ses genoux, auprès d'un homme. Sa fille, elle, est sommée de se poser de l'autre côté du couloir, autant dire à une éternité de sa mère, environ 60 centimètres ! Elle (la fille et non la mère) commence à pleurer.
Le voisin masculin fait sentir un certain mécontentement ; une scène s'ensuit entre lui et la mère. Rien de très éclatant mais je pense qu'à ce moment précis, même sans percevoir clairement la conversation, le wagon se scinde en deux :
- d'un côté, les pro-mamans : la pauvre, seule avec ses deux enfants, en période de pointe...
- d'un autre côté, les habitués du train pas décidés à se laisser em... par des amateurs surchargés de bagages ou d'enfants...
Le silence se fait dans la rame. Chacun, quelque soit son camp, est prêt à capter une bribe, un morceau d'engueulades, du croustillant à ramener à la maison. Là, plus rien. Les deux équipes se détendent, c'est le temps de la réflexion, et chacun au plus profond de soi tend vers une position intermédiaire : une pauvre mamans habitués du train peut-être.
Mais, soudain, nouvelle tentative de notre tigresse : "Monsieur, seriez-vous d'accord pour échanger de place avec ma fille afin que je sois à côté d'elle également ?". Pas de réponse. Question again. Monsieur daigne ôter son casque : "Madame, vous voyez bien que je joue ; je vous répondrai quand j'aurai fini !"
Mais je dois vous laisser : le train arrive en gare et je veux voir la tête de ce rancunier... Et du prince qui s'est levé pour sacrifier sa place... car l'histoire se finit bien.

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