mercredi 30 avril 2014

Aujourd'hui, j'ai vu... une théorie


Aujourd'hui j'ai vu une carte postale


J’avais, jusqu’à aujourd’hui, un gros problème : des tas de connaissances qui ne savent pas aligner deux mots sur le papier ; des experts, des cadres, des empotés et un peu de jardiniers (eux, c’est surtout pour la rime). Difficile dans ces conditions d’être un tant soit peu professionnels dans une entreprise qui produit de la prestation intellectuelle et passe la plus grande partie de son temps en réunions, théoriquement lieux de productions d’idées à diffuser. Mais, depuis ce midi, ce problème n’est plus (cette fois, je m’abstiens pour la rime en u) ! Car j’ai commencé « Théorie de la carte postale » de Sébastien Lapaque. Un petit bijou. Les 10 premières pages sont une sorte de manuel pour les réfractaires de l’écriture :
- 1ère étape : acheter des cartes postales.
- 2ème étape : y ajouter des mots, de préférence par groupe de trois : « joie, rêve, soleil, souvenir, lumière »…
- 3ème étape : passer à 5 mots, puis à 7, puis à 11…
- 4ème étape : on s’impose une règle : par exemple, des mots de 4 syllabes, voir des adverbes. A peu de frais, avec un « entièrement, absolument, profondément, extrêmement, totalement »…, on a une correspondance qui s’apparente à une lettre de Mme de Sévigné.
- 5ème étape : on ajoute au souvenir de Mme de Sévigné, un soupçon du marquis de Sade avec un « divinement ». Par exemple, « Divinement vôtre ».
- 6ème étape : on joue avec une rime : déambulation, justification, réverbération, amplification… Pour épater, on y lance un mot disparu des dictionnaires modernes, retenu en référence à Rabelais : « pronostication ».
Au final, après quelques mois de cartes postales, on a diffusé beaucoup de bonne humeur, relu quelques grands classiques et progressé dans le plaisir des mots. Car comme l’expliquait Mallarmé à Degas, « on écrit les poèmes avec des mots ». Les idées ne suffisent pas.
Un plaisir cette "Théorie de la carte postale".

 

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