dimanche 6 avril 2014

Aujourd'hui, j'ai vu... de l'eau


Aujourd'hui j'ai vu des gouttelettes, du brouillard, du vent et un soupçon de développement durable

Savoir que des corps sont présentement en contact par une agréable moiteur me glace. Je suis arrivé hier vers 22h30 à Paris : ciel gris et pluie fine. Ce qui implique, pour rentrer chez moi en scooter, en plus des habituels casque et gants, d'enfiler un pantalon et une veste de protection imperméables.


Le départ n'est pas désagréable. Paris semble souvent épargné par les grosses averses ; et parcourir les grands boulevards, peu fréquentés à cette heure, n'est pas déplaisant. Les très fines gouttelettes de pluie rafraichissent mon visage avec la visière ouverte.


Passé le périphérique, sur l'A6, les choses sérieuses commencent. La circulation se densifie avec quelques crétins particulièrement assidus au jeu-concours du "plus j'appuierai sur la pédale de droite plus je gagnerai 1 ou 2 secondes devant la télévision". Les fines gouttes se sont transformées en voile brumeux sur la visière. Le trajet reste aisé avec ce luxe des pays riches de pouvoir, la nuit, éclairer le bitume.


Une fois l'A86 atteinte, les choses se corsent. La vitesse est plus élevée, la circulation plus dense, les camions nombreux et l'éclairage éteint (le développement durable concernerait-il l'A86 et non l'A6 ?). Le sommet est atteint avec le changement de revêtement de la chaussée et la disparition pure et simple des marquages au sol. Pour tout simplifier, la pluie se déchaîne et le vent souffle de face.


Je crois qu'il faut accepter, simplement, de rentrer chez moi sans voir. La visière est totalement opaque ; les casques ne sont pas équipés d'essuie-glace ! La guerre est déclarée entre tous les chauffards-usagers de la route, tous plus pressés les uns que les autres de rentrer chez eux à l'aveugle, trajet effectué quotidiennement dans les deux sens oblige ! Dans ces conditions, et pour bien comprendre la situation du pilote de deux roues, il faut s'imaginer dans une 2 chevaux à une seule place, sous une pluie battante, avec un seul phare (qui éclaire le bas côté), des essuie-glaces en panne et, surtout, toutes les vitres ouvertes.


Vous me direz, sur l'A86 il existe de nombreux tunnels qui offrent un répit au motard. Que nenni. Les lois de la physique font que le changement de température transforme les gouttes de pluie et l'humidité de la visière et des rétroviseurs en buée opaque. Le tunnel ne fait donc qu'offrir une prime à l'obscurité puisque je ne voie ni devant ni derrière.

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