samedi 1 mars 2014

Aujourd'hui, j'ai vu... un zoo

Aujourd'hui, j'ai vu un ours, un chien, un cheval et un matou de mauvaise humeur  


La wagon dans lequel je siège ce matin n'est pas loin du zoo. Un passager derrière moi dort profondément ; il émet un ronflement digne d'un ours qui vient d'achever la saison du rut. La méchanceté de l'ours au réveil empêche les occupants de la voiture d'envisager toute remontrance.


À mes côtés, et après avoir hésité nerveusement entre deux places, mon voisin tente pour la troisième fois d'accrocher la prose de Marc Levy. La première fois, il a reposé le livre après deux pages, vaincu par le style semble-t-il. La deuxième fois, après un léger roupillon, il s'est laissé battre par le poids du bouquin qui lui a échappé des mains. La troisième fois, le smart-phone l'a sauvé du naufrage avec un message que je suppose imaginaire. S'attaquer à du Lévy révèle une volonté de pit-bull. Arriver à la page 101 du voleur d'ombre où "l'enfant que vous avez été rencontre l'adulte que vous êtes devenu" c'est super fort ; tellement fort que mon voisin n'a même plus besoin de prétexte pour abandonner totalement la lecture ! Plongeons direct dans la case "je finis ma nuit" pour faire concert de ronflement avec l'ours en post-rut.


Le voyageur juste devant moi, qui travaille à la M... (je reconnais le logo), relève quant à lui de la catégorie des canidés. Je n'ai jamais vu quelqu'un se tourner et se retourner autant dans son fauteuil pour essayer de trouver une position satisfaisante pour glisser dans les bras de Morphée. Comme mon livre est appuyé sur notre tablette commune, ma lecture sur l'indépendance du Liban et de la Syrie est agrémentée de sauts qui, parfois, correspondent aux échanges de tirs entre les troupes coloniales françaises et les forces damascènes et libanaises.


J'aperçois également un représentant de la famille des équidés, plutôt âgé il faut bien l'avouer si j'en juge à la couleur blanche de ses cheveux : grand, tout en muscle, bagages en cuir et... catogan. Certains diront queue de cheval.


Malheureusement, il y a toujours un gardien qui veille dans le zoo. Je crains devoir tenir ce mauvais rôle ce matin car le dortoir devient invivable de ronflements. Je me faufile donc tel un félin vers le wagon-bar.

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