vendredi 16 novembre 2018

Aujourd'hui j'ai vu... un caleçon sale

La simplicité ; c'est une attente légitime du citoyen. Je tente pour ma part au quotidien de m'imposer des règles simples. Par exemple, pour envisager une vie commune avec une tierce personne, je vais lui expliquer que lorsque je trouve le sous vêtement d'un de mes garçons et que je ne sais pas, même à l'odeur, si le sous vêtement en question est propre ou sale, j'applique un principe de précaution simple : je le mets à laver même si la probabilité est forte qu'il soit propre (en gros, il ne sent pas trop fort). Voilà, c'est simple, c'est clair et de nature à faciliter l'adhésion au projet de vie commune.

Alors pourquoi ce principe n'a t-il pas été appliqué à la conception du RER C ? Y-a-t-il meilleure illustration du caractère totalement tordu du cerveau humain que cette ligne C du RER ? Où est ce choc de simplification tant annoncé ? Comment un étranger peut-il se retrouver entre un panneau indiquant à gauche "RER C / direction Château de Versailles" et à droite "RER C / direction château de Versailles" ? Dans la réalité, les franciliens savent que c'est possible car la ligne fait quasiment une boucle. Ce qui est inconcevable lorsque l'on est un non-initié qui cherche à se repérer. Je propose donc de mettre un peu de caleçon propre/sale à laver dans les cours d'ingénieurs de ligne de transports.

jeudi 8 novembre 2018

Aujourd'hui j'ai vu... un chevreuil sur la voie


Mettez-vous à ma place. Vous êtes dans le train, tranquille, et vous recevez un message d'un de vos proches ; très proche le proche, voire très très très proche le proche. Le proche du proche en fait. Le fameux proche est à son bureau et, pour faire simple, il décline : ambiance de m..., crise de confiance, fatigue marquée, culpabilité... Je vous épargne les détails car l’objectif est plutôt de parler de moi. Que dire donc au proche sus-évoqué ? La vérité. C'est l'intérêt de la qualité de proche quand elle a une dimension d'évidence. Car que sont des problèmes de bureau quand on pense à ces gens, comme moi, dans le TGV, avec un i-phone qui dysfonctionne et qui s'arrête en pleine play-list au milieu d'un magnifique morceau ("Madame" pour ne pas le citer) ? Les problèmes de bureau sont mineurs lorsque l'on songe qu'il fait environ deux degrés dans ce TGV, que le wifi refuse de fonctionner, que les annonces sonores atteignent les seuils les plus hauts en termes de décibels tolérables et que l'i-phone a un regard de type "drôle d'air apeuré". Seul lot de consolation : la planète n'a pas encore sauté à cause du réchauffement climatique et les toilettes du train sont propres. J'avoue que j'apprécierais quand même une petite salade de fruits mais je sais ne pas être trop exigeant. Ces soi-disant problèmes de bureau deviennent quasi-inexistants si on sait que la température est passée de deux à un degré et qu'elle me contraint à aller à la recherche d'une salade de fruits passée au micro-onde pour me réchauffer tout en m'exposant aux ondes du wifi pour faire cage de faraday et tenter de chauffer un peu ma peau nue. Car, oui, je suis nu dans la wagon ; j'ai passé mes vêtements à mon voisin en état d'hypothermie car il vient de traverser tous les cimetières de la première guerre mondiale et il est gelé de chez gelé (son visage me dit quelque chose mais je n'arrive pas à le resituer ; j'ai l'impression qu'il est connu avec sa proche à lui blonde qui semble avoir un certain âge malgré son jean moulant). Et fi les problèmes de bureau lorsque, incroyable, mon voisin se met à parler avec un autre type qui dit être l'ancien ministre de l'intérieur !

Pause publicitaire : si vous souhaitez continuer à lire ce post sans avoir lu le précédent du 27 octobre 2018 sur « le ministre de l'intérieur démissionnaire », je crains de vous perdre en chemin. Donc trois hypothèses : 1/ vous allez le lire maintenant. 2/ vous vous perdez en chemin. 3/ vous vous abonnez à mon blog pour être dans une posture d’anticipation et de prospective, caractéristiques qui vous correspondent le mieux.

Arghhhh, c'est lui ! Et son garde du corps m'a repéré ! Au secours, il vient vers moi, il veut ma peau, il m...

Séquence violente : biiiiiiiiippppppp !!!!!

Mon corps n'est que charpie. Tous mes membres sont tuméfiés. Et l'ancien ministre de l'intérieur n'a pas encore fait ses 9 enfants. Le garde du corps m'a coupé la langue pour s'assurer de mon silence éternel. Je ne suis plus bon à rien. Un être inutile sur une planète en décomposition sur laquelle les salades de fruits ne sont plus qu'un souvenir d'arrières grands parents. Les chants corses vont envahir le monde et la purée d'insectes devenir notre lot commun, à tous. La vie fut belle néanmoins. Grâce à mes proches-proches.

PS : je sais ce que vous pensez : « il a bu ! ». Et bien non. Je vis seulement l'apothéose du chemin de fer : le train précédent le mien a percuté un animal. Tous les trains sont stoppés et je m’apprête à descendre sur la voie (malgré les annonces m’informant à tue-tête qu’il est vivement déconseillé de tenter d’ouvrir les portes) pour aller ressusciter ou bouger ce satané chevreuil à coups d’i-phone dans le derrière…

samedi 27 octobre 2018

Aujoud'hui j'ai vu... un ministre de l'intérieur démissionnaire

Comme nous nous connaissons maintenant depuis quelques temps, vous commencez à savoir pas mal de choses sur ma vie. Je ne vous apprends donc pas que j'ai une maison de vacances. J'y suis récemment allé et il s'y est passé des choses totalement surréalistes. Tellement folles que je suis convaincu que vous n'allez jamais me croire. Pourtant, c'est la stricte vérité. Vous ferez ce que vous voulez des informations que je vais vous révéler. Je vous demande seulement de ne pas mentionner mon nom. Vous comprendrez pourquoi quand vous m'aurez entièrement lu. Vous comprendrez aussi que je suis en grand danger et que je ne pourrai plus vous donner des nouvelles pendant longtemps. Peut-être toujours.

Tout a commencé normalement : fin de journée au bureau, métro, train à la gare de M. puis arrivée à S. de nuit. J'ai récupéré la voiture pour aller à la maison. Le temps était un peu brumeux ce qui n'arrive jamais dans cette région. Comme la météo était à la pluie, j'ai stationné la voiture à l'abri au fond de la propriété. Je sais que c'est peine perdue vue l'état du véhicule. Que voulez-vous, nous avons tous nos habitudes. J'ai pris mon quarante-huit heures et je me suis dirigé vers la maison. La galère a commencé au moment où j'ai tenté d'ouvrir la porte d'entrée. Impossible de faire bouger la serrure d'un demi-millimètre. J'ai insisté pendant 30 minutes jusqu'à tordre la clé dans le pêne. J'ai tout essayé : les coups de pied, les coups d'épaule et l'arrachage de la clenche. Rien à faire. Seule option : la hache. C'était la seule solution pour ouvrir cette satanée porte. Vous vous doutez que, sur le moment, la lourde s'est faite copieusement insulter par des noms d'oiseaux autrement plus salés. J'étais hors de moi prêt à tout péter pour enfin entrer chez moi et me coucher. Je me suis alors rendu à nouveau au fond du jardin pour récupérer ma hache dans la réserve à outils.

C'est juste à l'instant où je fermais la porte de la cabane à outils que j'ai entendu un premier bruit. Je pense vous avoir déjà raconté sur ce blog cette vieille histoire de la première propriétaire de la maison. Elle était enseignante, a fait construire la maison exactement comme elle la désirait puis a fini assassinée et entombée dans la chape de béton de la cabane sus-nommée. Souvent, avec les enfants, nous écoutons dans la nuit le souffle du fantôme de l'enseignante qui vient frotter les parois de sa demeure ultime. Avec ma hache, j'ai vraiment cru à cette sordide histoire quand j'ai entendu à nouveau des bruissements. Vous vous doutez que je n'étais pas très rassuré. Avec cette porte obstinée, j'avais vérifié si les voisins étaient là ; personne. Et vu le nombre d'habitants au km2, une fois écartée l'hypothèse fantôme, il ne restait qu'une seule solution : je n'étais pas seul.

Je me suis figé, j'ai écouté et je me suis caché. Et là, aussi incroyable que cela puisse paraître, j'ai vu passer devant moi une femme magnifique : visage gracieux, cheveux assez courts rouge, près d'un mètre soixante dix, un corps fin, des jambes fines et une jupe légère. J'ai le tissu de cette jupe gravé en moi car, comme j'étais accroupi, j'ai vu qu'elle ne portait pas de culotte. Vous devez rire en me lisant et pourtant c'est la vérité. J'étais là, tapis dans l'ombre une hache à la main, et je voyais juste devant moi marcher d'un pas décidé une femme magnifique sans dessous.

Malgré le caractère plus qu'improbable de la situation, j'étais un peu rasséréné par le fait de ne risquer une confrontation "qu'avec" une si jolie créature. J'étais donc sur le point de sortir de ma cachette. J'ai bien fait de m'abstenir car j'ai entendu à ce moment une seconde voix qui ne me semblait pas inconnue, un peu nasillarde mais que je ne parvenais pas à "remettre". Mon incertitude n'a pas été longue ; il s'agissait de C., le ministre de l'intérieur himself ! Totalement incroyable. La conversation qui s'en est suivie entre lui et cette très belle femme aux cheveux rouge a été tout simplement démente. Elle l'a accusé de l'avoir trompée. J'ai compris après avec qui, et pourquoi ils étaient chez moi, madame et monsieur n'ayant rien trouvé de mieux pour avoir un peu de tranquillité de venir squatter chez moi, lieu de quiétude absolu et inconnu des journalistes ; mais ça, c'est une autre histoire. Poursuivant leur échange véhément, elle l'a alors menacé de tout révéler s'il ne lui faisait pas neuf enfants. Rien que ça ! Il a tout tenté, imploré mais il apparaissait si démuni devant une si belle femme avec une si forte personnalité, qu'il a cédé. Non seulement il a accepté pour les enfants mais je pense qu'il l'a fait avec bonheur. Il s'est ensuite engagé à quitter le ministère immédiatement pour commencer sa «besogne».

Totalement scotché dans mon coin, je vous promets que j'ai envié cet homme. J'ai alors involontairement lâché ma hache. Ils se sont figés puis tournés vers moi, de même que le garde du corps de Monsieur le ministre qui était resté jusque là dans l'ombre. Je n'ai pas demandé mon reste et suis parti à toutes jambes vers les champs. Il n'a pas insisté longtemps car je connaissais mieux les alentours que lui. Il a abandonné en jurant et en criant qu'il saurait bien me retrouver quels que soient les moyens nécessaires.

Je me suis réveillé ce matin dans un fossé et un paysan m'a aidé sans me poser une seule question. Il a coupé toute possibilité de conversation en allumant la radio. Quelle surprise en entendant le fameux ministre annoncer sa démission pour reprendre une vie consacrée a sa famille. Famille que je sais prochainement nombreuse.

Je pense être le seul à connaitre la vraie raison de sa démission. Ma vie est en danger et, pour cette raison, vous n'entendrez plus jamais parler de moi.