dimanche 22 juillet 2018

Aujourd'hui, j'ai écrit à mon fils

A.,
Tu es parti en vacances depuis maintenant près de 10 jours. Je m'aperçois combien ta présence emplit la maison de bonne humeur et de vie... ce que j'appelle du bruit et du bazar.
Je dois t'avouer que, sans toi, je m'ennuie un peu. J'en veux pour preuve ma résolution de faire un peu de ménage. Je ne suis pas fou ; comme je te le dis souvent "ce n'est pas au vieux singe que l'on apprend à faire des grimaces". Aussi, je n'ai aucun espoir sur ton éventuelle reconnaissance d'avoir rangé la maison, lavé et plié ton linge. Néanmoins, peut-être sauras-tu apprécier la qualité d'un écran télé dépoussiéré ou une console de jeu avec des fils démêlés. 
J'en profite pour t'informer d'une sorte d'enquête interne à la maison que, depuis aujourd'hui, j'ai ouverte. En effet, en vidant la poubelle de la pièce télé, j'y ai découvert un emballage de "bâtons de berger". Je sais que tu sais qu'il est interdit de manger dans cette pièce (non pour embêter les gamers ou téléspectateurs mais pour éviter de voir l'obésité et le gruyère dans la tête venir occuper le canapé avec nous). Je sais aussi que tu apprécies beaucoup le saucisson sec. Par conséquent, peut-être auras-tu quelques idées, voire des indices pour trouver le coupable de cet outrageux forfait. N'hésite pas à revenir vers moi si tu as une piste.
Peux-tu également informer ton frère que j'ouvre une enquête similaire pour des faits identiques mais concernant des gourdes de compote retrouvés dans la même poubelle ?
J'ai hâte de te revoir. Je t'embrasse.
Papa

dimanche 29 avril 2018

Aujourd'hui j'ai vu... un gentleman-bull-dog


Je me souviens, lorsque j'avais entre 10 et 20 ans, mon père tenait boutique à C... Cette période a toujours donné lieu à des lectures opposées pour lui et pour moi. Pour lui, il s'agit d'une dure période de labeur qui s'est soldée par une sorte d'échec du fait de tiers nuisant (des cambrioleurs). Pour moi, c'est une période plutôt bénie de bien-être matériel, de jeunesse folle et de principes structurants.

L'un de ces principes est la notion de service et de commerce. Lorsqu'un client entrait dans le magasin à 20 heures, soit une heure après la fermeture théorique, il était accueilli avec chaleur et nous mettions un point d'honneur à répondre à toutes ses questions.

Aussi, je suis terriblement excédé par ce vendeur de journaux parisien qui me dit, juste après avoir servi un client, "par contre, là, c'est la fermeture !". Cela me met d'autant plus en rage que le journal que je voulais acheter était encore sur l'étalage et que j'avais fait un léger détour pour éviter de faire mon achat dans une chaîne déshumanisée. Je ne sais pas comment a été reçue la jolie femme qui cherchait la rue V..., femme que je n'avais pas su renseigner et qui s'apprêtait à s'adresser au gentleman-bull-dog dans sa cahute. Moi, j'écris ce post mon journal sous le bras... à la sortie d'une boutique déshumanisée.

Aujourd'hui j'ai vu... un oeil fétichiste


Il y avait, hier, de drôles de scènes dans Paris :
- Un cordonnier qui astiquait sa clio tachée par les pigeons. Il était habillé avec un tablier en cuir et des pompes rouges flamboyantes.
- Un c... avec un tee-shirt "j'peux pas, j'ai Roland" (le summum du fan de tennis).
- Un couple qui se déchirait à voix basse sur le trottoir avec, au bout du bras de l'homme, un enfant d'un roux magnifique.
- Des commerçants pressés de ne pas vendre et qui fermaient leurs grilles à 18h58.
Et moi, seul en terrasse, avec mes bouquins et mes journaux profitant des premiers beaux jours.


Et, aujourd'hui, encore plus incroyable qu'hier, j'ai encore croisé l'autre tarte avec son tee-shirt "j'peux pas, j'ai Roland". Si je veux bien avouer un soupçon de subjectivité dans mon aversion pour les fans de tennis, je pense poser un regard juste en jugeant peu approprié le fait de porter le même tee-shirt deux jours de suite par ces fortes chaleurs ; tee-shirt noir qui plus est. D'aucuns ont suggéré qu'il avait deux tee-shirt... mon œil, il avait le regard fétichiste.