dimanche 29 avril 2018

Aujourd'hui j'ai vu... un gentleman-bull-dog


Je me souviens, lorsque j'avais entre 10 et 20 ans, mon père tenait boutique à C... Cette période a toujours donné lieu à des lectures opposées pour lui et pour moi. Pour lui, il s'agit d'une dure période de labeur qui s'est soldée par une sorte d'échec du fait de tiers nuisant (des cambrioleurs). Pour moi, c'est une période plutôt bénie de bien-être matériel, de jeunesse folle et de principes structurants.

L'un de ces principes est la notion de service et de commerce. Lorsqu'un client entrait dans le magasin à 20 heures, soit une heure après la fermeture théorique, il était accueilli avec chaleur et nous mettions un point d'honneur à répondre à toutes ses questions.

Aussi, je suis terriblement excédé par ce vendeur de journaux parisien qui me dit, juste après avoir servi un client, "par contre, là, c'est la fermeture !". Cela me met d'autant plus en rage que le journal que je voulais acheter était encore sur l'étalage et que j'avais fait un léger détour pour éviter de faire mon achat dans une chaîne déshumanisée. Je ne sais pas comment a été reçue la jolie femme qui cherchait la rue V..., femme que je n'avais pas su renseigner et qui s'apprêtait à s'adresser au gentleman-bull-dog dans sa cahute. Moi, j'écris ce post mon journal sous le bras... à la sortie d'une boutique déshumanisée.

Aujourd'hui j'ai vu... un oeil fétichiste


Il y avait, hier, de drôles de scènes dans Paris :
- Un cordonnier qui astiquait sa clio tachée par les pigeons. Il était habillé avec un tablier en cuir et des pompes rouges flamboyantes.
- Un c... avec un tee-shirt "j'peux pas, j'ai Roland" (le summum du fan de tennis).
- Un couple qui se déchirait à voix basse sur le trottoir avec, au bout du bras de l'homme, un enfant d'un roux magnifique.
- Des commerçants pressés de ne pas vendre et qui fermaient leurs grilles à 18h58.
Et moi, seul en terrasse, avec mes bouquins et mes journaux profitant des premiers beaux jours.


Et, aujourd'hui, encore plus incroyable qu'hier, j'ai encore croisé l'autre tarte avec son tee-shirt "j'peux pas, j'ai Roland". Si je veux bien avouer un soupçon de subjectivité dans mon aversion pour les fans de tennis, je pense poser un regard juste en jugeant peu approprié le fait de porter le même tee-shirt deux jours de suite par ces fortes chaleurs ; tee-shirt noir qui plus est. D'aucuns ont suggéré qu'il avait deux tee-shirt... mon œil, il avait le regard fétichiste.